mardi 21 juin 2011

L'Ars subtilior




Extrait: " La harpe de Melodie" de Jacob de Senleches, l'un des principaux compositeurs de l'Ars Subtilior 


Il s’agit d’une évolution  de l’ars nova suite à la mort de Machaut et qui s’étend jusque vers 1400. Elle se caractérise par un raffinement encore plus poussé de la polyphonie et des mélodies. Si la forme reste la même que pour l’Ars Nova, ce qui évolue en revanche c’est la complexité des œuvres. On va même jusqu’à reprendre des pièces anciennes de l’Ars Nova pour les rendre encore plus raffinées. La musique est définitivement devenue une activité professionnelle exigeant une formation longue. Elle s’est également sécularisée, et on peut dire que coexistent une musique sacrée et une musique profane, chacune munie de son répertoire spécifique.

Il est intéressant de noter que la composition de la musique reste liée à son écriture. Les manuscrits sont autant des œuvres d’enluminures que des partitions. Aujourd’hui, beaucoup ayant été perdus ou détruits, on ne peut apprécier ces ouvrages que dans leur dimension musicale.

L’ars subtilior s’est surtout développé dans le sud de la France, au sein des cours seigneuriales et des monastères.

Le roman de Fauvel




Extrait: morceau extrait de l'oeuvre "Le roman de Fauvel"


Œuvre multiforme, le roman de Fauvel est un manuscrit s’étalant sur plusieurs volumes composé sous le règne de Philippe IV le Bel. Il regroupe des textes de Gervais du Bus (un haut fonctionnaire de la chancellerie royale), des partitions de compositeurs multiples et des enluminures. Le thème principal de cet ouvrage satirique est l’arrivisme et la corruption qui règnent à la cour de l’époque. Le personnage central du roman, Fauvel, est un âne dont le nom est une anagramme signifiant Flatterie, Avarice, Villainie, Variété, Envie, Lâcheté. Il représente une synthèse de tous les défauts de la Terre, élevés en gloire par une société décadente. En effet, au cours du roman, Fauvel passe du statut d’âne à celui d’humain voire d’idole (on peut y voir un nouveau veau d’or). Il connaît cependant un dépit amoureux en ne parvenant pas à épouser Fortune (allégorie de la destinée heureuse), et en épousant finalement Vaine Gloire, dont le nom est assez transparent. On pense aujourd’hui que Fauvel est une caricature d’Enguerrand de Marigny, principal conseiller du roi, voire de Philippe le Bel lui même.

Josquin des Près




Né vers 1440 en Picardie et mort en 1521 à Paris, Josquin Lebloitte dit Josquin des prés fut l’un des compositeurs les plus marquants du début de la Renaissance. Bien que son œuvre soit extrêmement riche, on sait paradoxalement peu de choses sur sa vie. D’autre part, déjà très reconnu de son vivant, de nombreuses œuvres lui ont été attribuées pour bénéficier de sa « marque de fabrique ». Ce n’est qu’au cours des dernières années que des méthodes d’analyse modernes ont permis de distinguer les originaux des pastiches.

Il commença sa carrière en étant chantre de Saint-Quentin en Picardie, puis voyagea en Italie, notamment à Milan, au service de la famille Sforza, puis à Rome au service du Pape Innocent VIII. Ces deux périodes ont marqué une étape dans sa formation profane pour la première, et sacrée pour la deuxième. Il fut ensuite au service du roi de France Louis XII pour finir sa vie en retraite à Condé sur l’Escaut dans le nord de la France.

Sa musique, très tournée vers une polyphonie complexe, fut largement diffusée en Occident grâce à l’invention de l’imprimerie.

mardi 14 juin 2011

L'Ars Nova


Extrait: Voici une messe de Notre Dame composée par le compositeur le plus célèbre de l'Ars Nova, Guillaume de Machaut.


L’Ars Nova correspond à la période comprise entre l’écriture du traité Ars Nova par Philippe de Vitry (ainsi que le roman de Fauvel dont on parlera plus loin) et la mort du chanoine compositeur Guillaume de Machaut. Si la distinction est difficile à établir entre l’école de Notre Dame et l’Ars Antiqua, elle est en revanche plus nette entre ce dernier et l’Ars Nova. Au tournant du XIVème siècle en effet, on propose un système de notation de la musique enfin normalisé. Le grand avantage apporté par cette notation est que les risques de déformation de la mélodie et du rythme liés à la tradition orale sont considérablement réduit. On délaisse peu à peu les rythmes ternaires pour accepter le binaire, le temps des hommes et non celui de Dieu. La forme musicale la plus caractéristique de l’époque est le motet.

Les grands noms de l’époque sont ceux de Philippe de Vitry, Johannes de Muris et Guillaume de Machaut. Ce dernier, qui vécut de 1300 à 1377, avait acquis la réputation de plus grand compositeur de son temps. Né dans la région de Reims, il fut au service de plusieurs seigneurs dont notamment Jean Ier de Bohème. Son œuvre comprend aussi bien des poèmes que de la musique, souvent mêlés par ailleurs. A sa mort, Le poète Eustache Deschamps écrivit un hommage à cet artiste exceptionnel, mis en musique par Franciscus Andrieu.

L'Ars Antiqua



Extrait: Le motet est le genre principal de l'Ars antiqua. En voici un exemple


L’Ars Antiqua est la période qui suit celle de l’école de Notre Dame. Elle s’étend environ de 1240 à 1320. Elle s’inscrit bien dans la continuité de la période précédente : recherche d’une précision mathématique, d’une subtilité polyphonique. Le terme ars, par ailleurs trompeur pour des oreilles françaises, signifie science et non art. Ce qui caractérise avant tout l’Ars Antiqua, c’est la prise d’importance énorme de la polyphonie. La technique de l’organum connaît alors son plein épanouissement. Il donne naissance au conduit, puis au motet, des formes de pièces polyphoniques, qui commencent par être religieuses avant de se diffuser à la musique profane. En réalité, durant toute cette période, la musique quitte peu à peu le domaine réservé de la religion pour s’offrir à la vie séculière. On s’inscrit bien dans le mouvement de sécularisation de la musique amorcé depuis le tournant du Moyen Age. A la fin du XIIIème siècle apparaissent les trouvères, qui sont des poètes musiciens diffusant leurs chansons dans le pays.

jeudi 9 juin 2011

L'école de Notre-Dame


Extrait musical: Léonin et Pernotin sont les deux compositeurs les plus emblématiques de ce courant musical.


La cathédrale Notre-Dame fut construite de 1163 à 1245. A cette époque, Paris était un foyer de rayonnement culturel pour l’Europe entière. La musique, enseignée au département des sciences à la Sorbonne, s’inscrivait pourtant toujours dans un cadre liturgique. Ainsi, le répertoire musical enseigné à l’école de Notre-Dame était-il un répertoire religieux, même si les textes des chants pouvaient largement sortir de la seule liturgie. On a pu par exemple voir des chants d’amour courtois s’insérer au sein d’un gloria ou d’un kyrie !

A cette époque, on sort du temps ‘inmensurabilis’, qui ne se mesure pas, qui est en dehors du temps, pour passer au temps ‘mensurabilis’, plus ancré dans la vie terrestre. Le temps en musique n’est plus réservé à Dieu, c’est aussi l’affaire des hommes qui se mettent à le mesurer. On peut toutefois noter que cette mesure reste ternaire, ce qui est un moyen de rappeler la Sainte-Trinité.

Les chants sont notés à Notre-Dame dans le magnus liber organi, un manuscrit copié entre 1150 et 1200 contenant tout le répertoire de la cathédrale. De nombreuses copies de l’ouvrage furent diffusées dans l’Europe entière. L’enseignement du chant se faisait dès le plus jeune âge, et d’une manière très stricte. On arrive à une discipline extrêmement rigoureuse qui assure une qualité musicale exceptionnelle à l’école de Notre-Dame.

Le chant grégorien



Extrait musical: Le Kyrie est l'un des chants religieux grégoriens les plus célèbres. La version proposée à l'écoute a été composée par Josquin Des Près, célèbre compositeur du XVème siècle.


Nous allons commencer par définir ce qu’est le chant grégorien. Il s’agit d’une forme musicale sacrée chantée a capella par un chœur composé d’hommes ou de femmes. C’est un chant monodique où des passages psalmodiés syllabiques alternent avec des passages mélismatiques, où la mélodie prend plus d’importance.

Le chant grégorien tient ses origines des chants chrétiens chantés dans les catacombes à Rome. Ils servaient en fait à délimiter un espace sacré entre la parole de Dieu, chantée, et la parole des hommes, parlée. Musicalement, les textes de la Bible étaient psalmodiés plus que chantés, toujours sur un même modèle où les variations de tons servaient simplement à indiquer la ponctuation de la phrase.

Plus tard, le pape Grégoire Ier dit Le Grand (540 – 604) officialisa cette pratique musicale comme le répertoire officiel de l’Eglise catholique, d’où l’appellation chant grégorien. Néanmoins, elle resta cantonnée à la région de Rome et ses environs. C’est véritablement grâce à l’empereur Charlemagne que le chant grégorien fut largement diffusé en Occident. En effet, l’empereur, avec sa volonté d’unifier son empire, avait décidé que la musique religieuse serait basée sur le modèle romain. Un répertoire musical unifié pour les églises était apparu. Ce sont les moines qui ont assuré cette diffusion de la musique religieuse à travers l’Occident.

Naturellement, cette unification ne s’est pas faite sans adaptation aux différentes pratiques locales. De même, les différents ordres religieux, avec leurs traditions propres, ont donné lieu à des répertoires spécifiques.

mercredi 1 juin 2011

Présentation du Blog



 Bonjour à tous,

Avant de commencer voici une petite présentation du blog:

Le but de ce blog est de permettre la diffusion d’une pratique musicale assez méconnue de nos jours, le chant grégorien. Il s’agit ici d’associer des moyens de communication modernes avec une forme d’art très ancienne.

Le blog se composera de textes, d’extraits musicaux ou de liens vers des morceaux en ligne, et de documents iconographiques, notamment des partitions ou des représentations artistiques d’époque.

Bonne visite sur le blog!!

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